Quotidien d’Afrique
Dans cette Afrique aux multiples cicatrices on peut toujours distinguer les sourires des enfants et les chants des femmes au travail, pilant le mil, cuisinant sans cesse pour les petits ventres de la court. Des problèmes sur le continent ? On se demande parfois si tout cela est réel ?
Ma première entrevue sera avec monsieur S. Doré, ivoirien d’origine guinéenne, résident entre la France et le quartier de Cocody à Abidjan. Je tenais à questionner un homme international sur les grands évènements de ce monde :
A. Afrique : Comment avez-vous vécu l’élection de Barack Obama aux USA ?
S. Doré : l’élection à la présidence des USA de Barack Obama, au vu de la charge symbolique, qu’elle représente ne m’a pas laissé indifférent.
En effet, quiconque porte un regard sur la question raciale aux USA ne peut que mesurer la haute portée de cette élection. Je dirais même qu’elle sort du contexte exclusivement américain et revêt une dimension symbolique universelle.
La dimension universelle de cette élection réside dans le fait qu’elle permet à tout groupe minoritaire d’aspirer pouvoir accéder aux plus hautes marches du pouvoir.
Je ne crois évidemment pas que l’élection du président Obama sera de nature à résoudre toutes les problématiques (sociales, économiques) dont est en proie la société afro-américaine mais je crois à la force du symbole de cette famille noire qui est désormais installée à la maison blanche.
Cette élection, loin d’être un fait iconoclaste s’inscrit selon moi dans la continuité d’une longue tradition de lutte de la société afro-américaine. Je pense aussi que l’élection du président Obama ne pourrait que rehausser l’image de l’homme noir de par le monde. Une image qu’on associe rarement, il faut le reconnaître, à une valeur positive. On pourrait me faire remarquer que monsieur Obama est, au regard de ses origines, ce que l’on appelle un métis; mais je rappellerai alors que, selon les critères américains, historiquement tout homme porteur d’une goutte de sang noir a toujours été assimilé à la population noire. Il suffirait juste de porter un regard sur la période esclavagiste des USA pour s’en apercevoir.
Je conclurai cette question en disant que l’élection de Barack Obama a aussi permis de mettre en évidence la capacité de “bouger” de la société américaine. Si on ne peut pas affirmer qu’elle soit, aujourd’hui, indifférente à la question de la couleur (color blind) loin de là, on peut tout de même y mesurer une certaine avancée.